Mercredi 16 avril 2008



Il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci.

publié dans : Je rêvais d'un autre monde
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Mardi 15 avril 2008


Je désirais le mouvement et non une existence au cours paisible. Je voulais l'excitation et le danger, et le risque de me sacrifier par amour. Je sentais en moi une énergie dans notre vie tranquille.

dans Le Bonheur conjugal.
publié dans : Parce que tout ne se classe pas
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Mardi 15 avril 2008


Une sombre forêt d'épicéas obscurcissait les deux rives du cours d'eau pris par les glaces. Un coup de vent récent avait dépouillé les arbres de leur blanche couverture de givre et, dans la lumière déclinante, ils semblaient se courber les uns vers les autres, noirs et menaçants. Un grand silence régnait sur la terre et cette terre était désolée, sans vie, sans mouvement, si vide et si froide qu'elle n'exprimait même pas la tristesse.
Quelque chose en elle suggérait le rire, mais un rire plus terrible que toute tristesse- un rire morne comme le sourire d'un sphinx, un rire froid comme le gel et d'une incommunicable de l'éternité qui riait de la futilité de la vie et de l'effort de vivre. C'était la forêt sauvage, la forêt gelée du Grand Nord.

dans Croc Blanc
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publié dans : Unis, vert
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Mardi 15 avril 2008


Nous dormons bercés par l'orgue de Barbarie du temps, puis nous nous éveillons- si toutefois nous le faisons - au silence de Dieu. Ensuite, quand nous nous éveillons aux rives profondes du temps incrée, quand les ténèbres aveuglantes s'entrouvent au-dessus de la rive lontaine du temps, alors il faut vite rejeter un certain nombre de choses, comme notre raison et notre volonté, car il est grand temps de se précipiter chez soi.

dans Holy the Firm.
publié dans : Espace, temps et vice versa
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Mardi 15 avril 2008



Le dernier souvenir triste flotte autour de moi et parfois me recouvre comme de la brume, effaçant la lumière du soleil et jetant un froid sur l'évocation des temps heureux. Il y a eu des joies trop profondes pour être décrites avec des mots, et des douleurs que je n'ai pas osé regarder en face. C'est en pensant à elles que je dis : grimpez, si vous le voulez, mais souvenez-vous que le courage et la force ne sont rien sans la prudence et qu'une négligence momentanée peut détruire le bonheur d'une vie. Ne faites rien à la hâte. Portez votre attention à chaque pas. Et dès le départ, pensez à ce que peut être la fin.


dans Escalades dans les Alpes.

publié dans : Unis, vert
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Vendredi 18 janvier 2008


ça a commencé comme ça, voilà ce qu'il faut montrer : le début de l'amour, comment c'est - la peur que c'est. Il faut montrer parce qu'ensuite on l'oublie, il y a une ellipse, un blanc pareil au trou de mémoire creusé dans le début de la vie : on passe tout de suite aux photos de famille et aux goûters d'anniversaire, maman, ses bras et l'ours en peluche.


dans Ni toi ni moi.

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Vendredi 18 janvier 2008


L'angoisse est pourtant le signe initial de l'amour, comme elle en signe aussi la fin, c'est même une chose étrange, cette symétrie : l'amour commence comme il finira, il finit comme il a commencé, par cet effroi qui serre le coeur autour d'un vide, cet appel à l'aide, ce mouvement d'accordéon intime qui inspire et expire, diastole et systole, chaud-froid, pompe affolée.


dans Ni toi ni moi.
publié dans : Amour,amour je t'aimais tant
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Vendredi 18 janvier 2008


L'amour commence comme on vient au monde, c'est âpre, ça rape et ça fait mal, l'air déchire et manque à la fois, on voudrait crier au secours, on est faible et nu, à découvert, on a peur, on est innocent : on naît la mort dans l'âme.



dans Ni toi ni moi.
publié dans : Amour,amour je t'aimais tant
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Vendredi 18 janvier 2008


- Ce n'est jamais la première fois : dans les battements du coeur en alerte, on n'est pas de la dernière averse, on sait comment il vient, on se souvient de ce qu'il devient, on connaît l'avenir aussi . L'angoisse  d'amour est comme la science infuse d'une promesse non tenue, le serrement de coeur est la mémoire convulsive d'un serment trahi. Il y eut une fois jurée qu'un instant de clarté a cruellement abjurée sans en détruire la mémoire.


dans Ni toi, ni moi.
  
publié dans : Amour,amour je t'aimais tant
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Vendredi 18 janvier 2008


" La  nuit, qui par le cri de sa mère un soir
de septembre s'empara de son enfance,
s'engouffrant dans son coeur avec un goût 
de cendres, et de sel et de sang, ne le 
quitta jamais plus, traversant sa vie 
d'âge en âge, - et déclinant son nom
au rebours de l'histoire. "



dans le Livre des nuits.
publié dans : C'est quand le bonheur ?
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