Mardi 15 avril 2008


Une sombre forêt d'épicéas obscurcissait les deux rives du cours d'eau pris par les glaces. Un coup de vent récent avait dépouillé les arbres de leur blanche couverture de givre et, dans la lumière déclinante, ils semblaient se courber les uns vers les autres, noirs et menaçants. Un grand silence régnait sur la terre et cette terre était désolée, sans vie, sans mouvement, si vide et si froide qu'elle n'exprimait même pas la tristesse.
Quelque chose en elle suggérait le rire, mais un rire plus terrible que toute tristesse- un rire morne comme le sourire d'un sphinx, un rire froid comme le gel et d'une incommunicable de l'éternité qui riait de la futilité de la vie et de l'effort de vivre. C'était la forêt sauvage, la forêt gelée du Grand Nord.

dans Croc Blanc
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- Publié dans : Unis, vert
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