Dernier galop dans la plaine arasée de l’été déjà finissant. Dernière cueillette de mûres, et l’Eaubac gourmand qui s’arrête le long des haies épineuses et incline sa tête curieuse vers ma main ...
Treize ans plus tard, ce qui restait de ma propre jeunesse s’enfuyait, dans mon dos, au galop. C’est étrange d’entendre au loin caracoler une part de soi qu’on n’a pas su retenir et de savoir que ...
J'ai eu le sentiment que je la dérangeais. Elle me demanda ce que je voulais. J'ai dit : " T'embrasser ".Elle m' a tendu les lèvres comme elle m'aurait passé un briquet. Quand je suis ressorti, ...
Dans quelques instants, j'allumerais les veilleuses et les cadrans éclaireraient le visage de ma passagère. Ils lui feraient un maquillage de brume et le reflet des aiguilles danserait au fond de ...
Si on avait une perception infaillibe de ce qu'on est, on aurait tout juste encore le courage de se coucher, mais certainement pas celui de se lever. Cité dans " tous les matins je me lève", de ...
Vous n'avez rien vu venir et vous ne l'aimez plus. Vous demandez à vérifier. Il s'agit d'être sûr. Mais vous doutez. En fait, vous l'aimez et ne l'aimez pas à la fois. Il faudrait vous décider, ...
Je désirais le mouvement et non une existence au cours paisible. Je voulais l'excitation et le danger, et le risque de me sacrifier par amour. Je sentais en moi une énergie dans notre vie ...
Une sombre forêt d'épicéas obscurcissait les deux rives du cours d'eau pris par les glaces. Un coup de vent récent avait dépouillé les arbres de leur blanche couverture de givre et, dans la ...
Nous dormons bercés par l'orgue de Barbarie du temps, puis nous nous éveillons- si toutefois nous le faisons - au silence de Dieu. Ensuite, quand nous nous éveillons aux rives profondes du temps ...
Le dernier souvenir triste flotte autour de moi et parfois me recouvre comme de la brume, effaçant la lumière du soleil et jetant un froid sur l'évocation des temps heureux. Il y a eu des joies ...
ça a commencé comme ça, voilà ce qu'il faut montrer : le début de l'amour, comment c'est - la peur que c'est. Il faut montrer parce qu'ensuite on l'oublie, il y a une ellipse, un blanc pareil au ...
L'angoisse est pourtant le signe initial de l'amour, comme elle en signe aussi la fin, c'est même une chose étrange, cette symétrie : l'amour commence comme il finira, il finit comme il a ...
L'amour commence comme on vient au monde, c'est âpre, ça rape et ça fait mal, l'air déchire et manque à la fois, on voudrait crier au secours, on est faible et nu, à découvert, on a peur, on est ...
- Ce n'est jamais la première fois : dans les battements du coeur en alerte, on n'est pas de la dernière averse, on sait comment il vient, on se souvient de ce qu'il devient, on connaît l'avenir ...
" La nuit, qui par le cri de sa mère un soir de septembre s'empara de son enfance, s'engouffrant dans son coeur avec un goût de cendres, et de sel et de sang, ne le quitta jamais plus, ...
Tomber amoureux, c'est naître en se souvenant d'être né, aucune naissance n'est naîve, c'est vieux comme le monde. Quelque chose se rejoue, qui fait trembler, on a déjà marché dans cette jungle, ...
Marianne : - Tu crois que nous vivons dans une confusion totale ? Johan: - Toi et moi ? Marianne : - Non, nous tous. Répliques de Scènes de la vie conjugale
Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force. Il va de la vie à la mort. Hommes, bêtes, villes et choses, tout est imaginé. C'est un roman, rien qu'une histoire fictive. Littré ...
Sa mort nous sépare. Ma mort ne nous réunira pas. C'est ainsi : il est déjà beau que nos vies aient pu si longtemps s'accorder. dans La cérémonie des adieux.
Martin a hurlé de toutes ses forces : - Maman ! Elle a relevé les yeux droits devant elle, inflexible, contemplant la mer étale. Je lui ai tendu la main. Elle l'a observée puis elle a baissé la ...
Si j'avais souhaité autrefois me faire institutrice, c'est que je rêvais d'être ma propre fin ; je pensais à présent que la littérature me permettrais de réaliser ce voeu. Elle m'assurait une ...
J'ai tendance à penser que les voyages ne sont que des illusions fatigantes et astreignantes, réclamant beaucoup d' énergie et une adhésion sans faille. Je n'ai pas soif d'horizons, cet appétit ...
A bout il me reste à brûler maintes années, retenu Sur ce corps comme la flamme d'une chandelle. Mais j'abrite en moi-même une ombre bleue, une vivante présence au sein de ma flamme de vie, ...
Qu'est-ce-que donc qui me lie à mon frère, au point que je ne puisse aller sans lui ? Nous n étions pas des jumeaux, nous étions même incapables de vivre entre les mêmes murs ! Qu'est-ce-que ...
Je vous abandonne parce que je ne songe plus à vos seins dans mes rêves. J'ai vu d'autres visages. Nos coeurs sont des affamés. Notre esprit ne connaît pas le repos. La vie est belle à proportion ...
J'ai voulu lui parler et ma voix s'est perdue. Immobile, saisi d'un long étonnement, de son image en vain j'ai voulu me distraire. Trop présente à mes yeux, je croyais lui parler, j'aimais ...
" Avez-vous un coeur pour sentir ? Avez-vous un cerveau pour penser ? Avez-vous idée de ce à quoi peuvent servir les sons quand il ne s'agit plus de danser ni de réjouir les oreilles du roi? ...
Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l'ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse. Il se prit de ...
Cette façon qu'elle avait dans la vie comme dans ses films de marcher sur le fil invisible qui sépare le réel brut de l'absolue fiction. Son image faite d'exil et de tremblements, comme un ...
Qui sait le séisme? Qui sait la vraie peur ? Qui sait le désarroi ? Qui sait ma terre fragilisée ? Ce séisme forme déjà l'exil et la différence. Il traverse le corps et impose une scission. Il ...
Comme on fait son lit on se couche, répétait sa mère. La voici dans celui de Blaisine Bouvier. Dans de beaux draps, certes. Métis, brodés à jours. La tête d'Armand, pesante, sur son épaule. Ils ...