Les mots bleus

Mercredi 16 janvier 2008
 
 Notre vie est un voyage

 Dans l'hiver et dans la Nuit

 Nous cherchons notre passage

 Dans le ciel où rien ne luit.


Chanson des gardes suisses, 1793.

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Mercredi 9 janvier 2008



Martin a hurlé de toutes ses forces :
- Maman !
Elle a relevé les yeux droits devant elle, inflexible, contemplant la mer étale.
Je lui ai tendu la main. Elle l'a observée puis elle a baissé la tête vers les vagues qui battaient contre les rochers juste en bas. J'ai regardé la main tendue. J'ai fermé les yeux. C'est alors que j'ai senti ses doigts saisir les mains.


dans Sweet home.  

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Mercredi 9 janvier 2008


A bout

il me reste à brûler maintes années, retenu

Sur ce corps comme la flamme d'une chandelle. Mais j'abrite

en moi-même une ombre bleue, une vivante présence au sein 

de ma flamme de vie, coeur invisible de la rose.

Ainsi, au long de ces jours, alimentant ma flamme à la vie

qu'importe la substance léchée par ma flamme quotidienne,

si le coeur de cette flamme est ombre inviolée,

ténèbres rêvant pour moi mon rêve immuable



dans Poèmes.

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Mardi 18 septembre 2007



Ne t'en va pas encore. 

Reviens. 

Je vais me recoucher à ma place et laisser la tienne à t'attendre. 

Viens la nuit sans que je m'en rende compte que je me réveille avec toi encore endormie et que je te touche et
 
que ce soit toi.





dans Lettres à Sandra.

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Mercredi 5 septembre 2007

Je vais t'apprendre à mettre un pied devant l'autre. A courir

derrière les lapins du matin. A voler avec des ailes en papier

crépon. A poursuivre les papillons sans réussir à les attraper.

Mercredi après-midi je t'emmenerai sur la lune, c'est facile

maintenant. Il y a des martiens là-bas, ils nous inviteront

boire un café, ils nous ramèneront en soucoupe. Et on courra

la nuit de bon coeur pour attraper la première lueur du jour et

on la rapportera chez nous dans un panier à trous. 


 

 

 

 

 

 

 

 

dans Entre courir et voler il n'y a qu'un pas papa. 

 

 

Par Anne G.
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Mercredi 5 septembre 2007

 

Novecento est né lors d'une traversée en mer, il ne mettra volontairement jamais le pied à terre.

 

 

 

 

Moi j'y suis né sur ce bateau. Et le monde y passait, mais par deux

 mille personnes à la fois. Et des désirs, il y en avait, mais pas plus

 que ce qui pouvait tenir entre la proue et la poupe. Tu  jouais ton

bonheur, sur un clavier qui n'était pas infini...La terre c'est un bateau

trop grand pour moi. C'est un trop long voyage. Une femme trop

belle...Une musique qui ne sait pas jouer...  

 

 

 

 

 

dans Novecento pianiste

Par Anne G.
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Mardi 4 septembre 2007




C'est cruel un amour.
ça ne prend rien aux étoiles ni aux fleuves. ça vit en animal dans une tanière de misère et s'enterre sur place, au milieu des accacias ou des ronces, là où il a existé, là où il a pris fin. c'est une inquiétude, un rêve manqué, une illusion. C'est une parenthèse de vie entre des tableaux, une symphonie et des hauts-parleurs de gares. Car il n'y a que des séparations et des il n'y a que des retrouvailles. Les débuts et les fins s'enchaînent pour que le temps demeure absent.


dans Le Prochain amour.

Par Anne G.
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Mardi 4 septembre 2007



J'aime les poésies qui autorisent les coeurs brisés, les matins défaits, les crépuscules mélancoliques. J'aime la langue des poésies, inattendue, abstraite, d'une douceur suspecte. J'aime quand, debout sur l'estrade, je suis invitée à réciter :  il pleure dans mon coeur / Comme il pleure sur la ville / Quelle est cette langueur / Qui pénètre mon coeur ? même si je ne comprends rien à Verlaine, même si les filles de ma classe ont l'air indifférent. J'aime dire ces phrases à toute allure et entendre mon institutrice me demander de ralentir. J'aime qu'il y ait les phrases de Verlaine entre mon institutrice et moi. La poésie remplit le vide, comble ce qui ne peut être dit par moi.




dans J'apprends.
 
Par Anne G.
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Dimanche 2 septembre 2007



Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes les belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir.





extrait de la chanson Les passantes
Par Anne G.
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Dimanche 2 septembre 2007



Le rire était au coeur de leurs manigences galantes. C'était leur gène, le bruit de leur déloyauté ; parce que le sens des mots et des gestes avait beau être évident, ils faisaient mine , en pleine cour amoureuse, de ne pas entendre en eux le grand tintamarre du sang.





dans La Conversation amoureuse
Par Anne G.
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