Le goût des gares

Samedi 13 octobre 2007

                                                                                                                                                                        
                                                                                                                                             A celui (ceux) qui part (ent).




Si un homme ne suit pas le rythme de ses compagnons, peut-être est-ce parce qu'il entend le son d'un autre tambour.


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Vendredi 12 octobre 2007
DEPART

Je partis en les trahissant tous, père, mère, sœur, maison, études, les rares amis et les mille semaines de résidence, tant il en faut pour faire dix-huit ans.
Aucune fille ne se mouchait sur le quai de la gare, je n’ai trahi alors que cette aucune. Traître à une vie apprêtée, déjà affublée d’un titre, qui n’avait qu’à se dérouler, et pourtant rien, on se saisit au collet et on se tire sans l’ombre d’une lettre, d’un métier dans les mains, d’une nouvelle adresse, muet et bourré de jamais plus. N’importe où sauf ici, n’importe quelle faillite plutôt que cette demi-heure de patience tous les trois quarts d’heure. Trahir et ne pouvoir le faire avec le soulagement de la lâcheté, mais quand même forcé de recourir au plus absurde courage jamais possédé avant, demandé en prêt au futur, s’endettant envers lui. Trahir c’est sentir ses poumons en feu, l’air de la fuite brûle dans les alvéoles, la liberté volée doit être féroce, sinon elle ne résiste pas au remord de la douleur de ceux qui restent. 



dans Le contraire de un.


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